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Le tweed

Apprécié pour son côté cosy et Old School, Le tweed n’est autre qu’un tissu fait de laine tissée. Ses discrets effets de couleur sont obtenus par un fil de plusieurs brins de laine torsadés de multiples coloris. Il s’est diversifié au XIXème siècle, notamment grâce à l’apparition du « mouton cheviot » et arbore depuis nos habits comme nos intérieurs…

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Le tweed et son histoire

L’origine incertaine du tweed

Le tweed vient d’Ecosse et d’Irlande, là où les fermiers devaient combattre un climat peu favorable au travail en extérieur. Comme dans toute grande légende, des versions différentes apparaissent et ce, notamment, sur l’origine du nom. Selon une première hypothèse, le tweed tirerait son nom d’un lieu géographique où l’étoffe était produite : la « Tweed Valley » en Ecosse. La deuxième hypothèse serait que l’étoffe était désignée sous le terme de « tweel » ou « twill » selon l’orthographe plus classique et qu’en 1826 un clerc de la ville de Londres aurait mal retranscrit ce nom et l’aurait transformé en « tweed ». Toute hypothèse étant, le tweed était un vêtement destiné au travail notamment des fermiers. Ce tissu est en effet très résistant au vent et à la pluie et il garde la chaleur.

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Château au nord ouest de l’Écosse

Ce n’est qu’en 1848, lorsque que Prince Albert acquit le domaine de Balmoral et créa le fameux « Balmoral Tweed », que le tweed devient affaire de « gentlemen ». Ce « Balmoral Tweed » a été dessiné pour se rapprocher de la pierre de granit des environs du domaine pour se fondre dans la nature lors des chasses aux cerfs. Il fut le premier des très fameux « Estates Tweeds » que tous les gentlemen anglais ayant acquis des domaines en Ecosse s’empressèrent de créer. Ces « Estates tweeds » sont portés par toutes les personnes qui vivent ou travaillent sur le même domaine. Ils sont à différencier des Clan Tartans qui correspondent à une famille et ne peuvent être portés que par ses membres.

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Mouton Cheviot

Un tissu protégé

Situées dans l’Archipel des Hébrides, les îles Hébrides Extérieures ont une longue histoire dans l’industrie du tissage. On y fabrique le tweed exclusivement à la main, en utilisant la laine des moutons élevés sur place, qui sont appelés communément « gueules noires ». Au début du XIXème siècle, la production est encore faible. Mais la révolution industrielle va rapidement atteindre les îles. Des métiers à tisser, des machines à filer et à carder vont envahir les lieux. La production du tweed s’en trouve alors démultipliée.

L’emballement pour le tweed, et notamment pour le Harris Tweed, va pousser le Parlement britannique à en définir les caractéristiques avec une loi en 1893 : « Le « Harris Tweed » est un tweed qui a été tissé à la main par des insulaires, à domicile, dans le périmètre très précis des îles Hébrides Extérieures, et plus précisément dans les îles de Harris, Lewis, North Uist, Benbecula, South Uist et Barra. Le tweed y est ainsi fabriqué à partir de pure laine vierge teinte et filée dans cette même région d’Ecosse ». Cette définition a changé au fil des années avec l’évolution des méthodes de production.

Tartans en fibres naturelles

En 1906, la Harris Tweed Association va s’organiser dans le but de créer un label pour cette industrie en pleine croissance. À partir de 1911, tous les tweeds de qualité peuvent être identifiés par le symbole de la Harris Tweed Association. Cette certification n’est donnée par les inspecteurs qu’à la condition que le tweed réponde à la définition légale et qu’aucun fil ne soit cassé dans la trame.

Dans les années 1930, la production de tweed est telle qu’elle oblige les fabricants à aller chercher de la laine en Ecosse. La définition légale du tweed est donc élargie en 1934 afin de tenir compte de cette évolution concernant l’origine de la laine. Cette ouverture va générer un certain nombre de dérapages : certains fabricants écossais vont en effet se mettre à étiqueter leurs produits avec le label « Harris Tweed ». En 1964, la justice britannique est saisie d’une affaire de ce type. Elle conclut que seules les pièces fabriquées dans les Hébrides extérieures auront le droit d’être marquées du précieux label « Harris Tweed ».

Le tweed aujourd’hui

Un tweed, des tweeds

Il est impossible de parler du tweed sans parler des tweeds. Ce sont eux qui font de cette étoffe un terrain de jeu immense pour les élégants. Les tweeds sont nommés suivant le lieu de tissage, l’animal dont est tiré la laine ou encore l’usage que l’on en fait.

En voici une liste parmi les célèbres : .

  • Le Donegal Tweed vient d’Irlande et plus particulièrement de la région Donegal d’où il tire son nom. Ce tweed possède des fils contrastés dans le tissage, ce qui lui confère un coté très sport.
  • Le Saxony Tweed, qui vient de Saxe, est très doux et est très adapté à la réalisation de vestes.
  • Le Harris Tweed est certainement le plus connu de tous les tweeds. Ce tweed est depuis 1909 régit par une autorité pour protéger cette appellation. Ce tweed était à l’origine uniquement tissé à la main par des habitants des iles Hébrides en Ecosse. Il est désormais filé à la machine mais doit toujours être produit dans ces îles. Une étiquette d’authenticité doit être apposée sur le vêtement.
  • Le Cheviot Tweed porte le nom de l’animal dont est tirée la laine. Il est très résistant et offre un très beau tombé. Il est rugueux au toucher et plus lourd que la plupart des autres tweeds.
  • Le Shetland Tweed tire son nom du mouton élevé sur les îles Shetland en Ecosse. La laine de ces moutons est particulièrement fine et douce ce qui donne un tweed délicat et particulièrement beau.
  • Le Gamekeeper Tweed est le plus lourd des tweeds. Il est particulièrement conseillé pour protéger des grands froids.
  • Le Sporting Tweed a été créé pour apporter le meilleur camouflage possible aux chasseurs suivant leur environnement de chasse.
Vêtements en tweed
Vêtements en tweed

 

Bon à savoir : Trop rêche et trop lourde, la laine des moutons « gueules noires » n’est plus utilisée aujourd’hui que pour fabriquer des tapis. Plus douce et plus légère, c’est la laine des moutons cheviots, élevés principalement dans le Mainland écossais, qui a pris le relais.

Tissu caméléon aux multiples usages

Symbiose entre le pays et le savoir-faire de ses hommes, le tweed est un tissu caméléon. Les couleurs traditionnelles utilisées pour la teinte sont en effet végétales : ambroisie et souci pour les orange, bruyère et ortie pour les verts, lichen et gaillet pour les rouges, racine de fougère pour les jaunes, baies de sureau pour les violets ou iris pour les bleus. Les effets de couleurs sont obtenus dans chaque fil par l’entortillement de plusieurs brins, tous différents. Chaque tweed correspond à un paysage. La combinaison des couleurs, des dessins et des motifs est quasiment infinie.

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Canapé en Tweed

Les tweeds sont essentiellement recherchés pour fabriquer des vêtements de tous les jours comme des manteaux, des vestes ou des chapeaux. Ils sont en effet assez imperméables et très résistants. Ils sont traditionnellement portés pour des activités d’extérieur comme la chasse, la pêche et la marche à pied, en Irlande comme au Royaume-Uni. Aujourd’hui, ils sont aussi utilisés dans la mode contemporaine et l’ameublement.

Pour aller plus loin, découvrez les plaids en fibres naturelles

Canapé, fauteuil, literie… en tweed !

Si le tweed fait son grand retour dans nos intérieurs ces dernières années, c’est avant tout grâce aux rééditions des styles rétro vintage et du style scandinave. Le design nordique s’associe toujours avec tissus chaleureux et robustes, le tweed est donc un élément de choix pour compléter cette tendance. Son allure, ses nuances et la qualité de ses fibres en font la parfaite touche authentique et cosy au cœur d’une décoration. Que ce soit en canapé, en méridienne, en tête-de-lit… le tweed séduit de plus en plus. Si ce tissu ne s’applique qu’aux pièces de mobilier les plus précieuses, de nombreux designers et concepteurs de meubles s’inspirent du « style tweed » et confectionnent des meubles revêtis de tissus similaires et à l’allure rétro.

Pour aller plus loin, apprenez à connaitre les tissus et fibres qui ressentissent nos intérieurs.

A noter : En 1956, Coco Chanel, qui avait emprunté à son amant, le duc de Westminster, ses vestes en tweed, avait fini par en faire une pièce phare de ses créations.

 

Literie style tweed
Literie style tweed

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